La Dégénérescence Maculaire Liée à l'Âge (DMLA) est une maladie dégénérative qui touche la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision précise, de la lecture et de la reconnaissance des visages. C'est la première cause de malvoyance dans les pays industrialisés chez les personnes de plus de 65 ans.

1,3 M
Personnes atteintes en France
+50 ans
Âge de début possible
~1/4
Des plus de 75 ans concernés

Qu'est-ce que la DMLA exactement ?

La DMLA correspond à un vieillissement pathologique de la macula. Des déchets cellulaires, appelés drusen, s'accumulent sous la rétine centrale. Avec le temps, ces dépôts peuvent évoluer soit vers une atrophie des cellules visuelles (forme sèche), soit déclencher la prolifération de vaisseaux anormaux (néovaisseaux) sous la rétine responsable de la forme humide, plus agressive.

Les deux formes de DMLA

Forme sèche (atrophique) — 80 à 85 % des cas

C'est la forme la plus fréquente mais également la plus lentement évolutive. Elle se manifeste par une disparition progressive des cellules visuelles de la macula. La baisse visuelle s'installe sur plusieurs années. Aucun traitement médicamenteux n'est autorisé en France pour la forme atrophique à ce jour (les inhibiteurs du complément approuvés aux États-Unis n'ont pas obtenu d'autorisation européenne), mais la recherche est active. Une complémentation AREDS2 (vitamines, lutéine, zéaxanthine, zinc, oméga-3) peut ralentir l'évolution dans certaines formes intermédiaires.

Forme humide (exsudative ou néovasculaire) — 15 à 20 % des cas

Elle est caractérisée par le développement de néovaisseaux choroïdiens anormaux qui traversent la membrane séparant la rétine de la choroïde. Ces vaisseaux fragiles fuient (exsudation, œdème) et peuvent saigner, entraînant une baisse visuelle rapide (en quelques semaines). Cette forme est une urgence thérapeutique relative : plus le traitement est débuté tôt, meilleur est le pronostic visuel.

Maculopathie liée à l'âge débutante

Stade précoce, souvent asymptomatique : quelques drusen et de discrètes altérations pigmentaires au fond d'œil, avec une vision conservée. Ce n'est pas encore une DMLA constituée, mais ce stade justifie une surveillance régulière et la correction des facteurs de risque modifiables (tabac en premier lieu).

Symptômes et signes d'alerte

La DMLA touche la vision centrale et épargne la vision périphérique. Les symptômes évocateurs sont :

  • Métamorphopsies : les lignes droites paraissent ondulées ou déformées (encadrement de porte, carrelage, lignes de texte).
  • Scotome central : tache sombre ou grise au centre du champ visuel, gênant la lecture et la reconnaissance des visages.
  • Baisse d'acuité visuelle de près et de loin, besoin de plus de lumière pour lire.
  • Diminution de la sensibilité aux contrastes et des couleurs qui paraissent ternes.

Un test simple d'autosurveillance existe : la grille d'Amsler, à regarder chaque jour, un œil après l'autre (grille imprimable et mode d'emploi sur la page dédiée). Toute déformation nouvelle des lignes doit faire consulter rapidement.

⚠ Signes d'alerte imposant une consultation rapide : baisse visuelle centrale rapide d'un œil, déformation des lignes droites (métamorphopsies — tester avec la grille d'Amsler), tache centrale (scotome) gênant la lecture, sensation de voile. Ces signes imposent une consultation en quelques jours.

Facteurs de risque et prévention

  • Âge : principal facteur, risque croissant après 50 ans.
  • Hérédité : antécédent familial au 1er degré (risque multiplié par 3 à 4).
  • Tabagisme : facteur modifiable majeur (risque multiplié par 2 à 3, y compris tabagisme ancien).
  • Facteurs cardiovasculaires (hypertension, surpoids) et alimentation pauvre en antioxydants et oméga-3.

La prévention repose sur l'arrêt du tabac, une alimentation riche en légumes verts (lutéine, zéaxanthine) et en poissons gras, la protection solaire, et un dépistage régulier du fond d'œil après 55 ans — annuel en cas de drusen connus ou d'antécédents familiaux.

Quels examens pour diagnostiquer la DMLA ?

Le diagnostic repose sur trois examens clés, non douloureux et complémentaires :

  • Fond d'œil après dilatation pupillaire : recherche de drusen, altérations pigmentaires, hémorragies.
  • OCT maculaire (Tomographie en Cohérence Optique) : examen de référence qui fournit en quelques secondes une « coupe » millimétrique de la rétine, montrant œdème, néovaisseaux et atrophie.
  • OCT-angiographie ou angiographie à la fluorescéine / vert d'indocyanine : visualise directement les néovaisseaux lorsqu'une forme exsudative est suspectée.

Au Cabinet Ophtalife, l'OCT maculaire est réalisé sur place, le jour même de la consultation : le diagnostic est posé sans étape intermédiaire. En cas de suspicion de forme humide, un circuit court est en place : consultation en urgence et, si l'indication est confirmée, injection intravitréenne réalisée sans délai dans la salle dédiée du cabinet.

Prise en charge de la DMLA exsudative

Le traitement de référence est l'injection intravitréenne (IVT) d'anti-VEGF. Les médicaments disponibles et remboursés en France sont l'aflibercept (Eylea, et sa forme haute dose Eylea 8 mg), le ranibizumab (Lucentis et ses biosimilaires) et le faricimab (Vabysmo). Le choix de la molécule est individualisé selon la lésion, la réponse au traitement et le rythme d'injections visé. L'injection est une piqûre très brève dans le vitré, réalisée sous anesthésie locale par collyre, en conditions d'asepsie chirurgicale rigoureuses, dans la salle dédiée du cabinet. En savoir plus sur le déroulement d'une IVT →

Le protocole habituel est :

  1. Phase d'induction : 3 injections mensuelles pour contrôler l'œdème et les néovaisseaux.
  2. Phase d'entretien « Treat & Extend » : intervalle progressivement adapté (de 6 à 16 semaines) selon la réponse observée sur l'OCT à chaque visite.

Les études ont montré qu'un traitement précoce et régulier permet de stabiliser voire d'améliorer la vision dans la majorité des cas. Un suivi à long terme est nécessaire car la maladie reste chronique.

Prise en charge de la DMLA atrophique

Une page dédiée détaille la DMLA sèche : stades, surveillance et état de la recherche →

Pour la forme sèche, la prise en charge actuelle en France repose sur :

  • La surveillance rapprochée par OCT pour dépister une éventuelle bascule vers une forme exsudative.
  • La complémentation AREDS2 dans les formes intermédiaires (sur prescription médicale).
  • Les règles hygiéno-diététiques : arrêt du tabac, alimentation riche en légumes verts et poissons gras, protection solaire par verres filtrants UV.
  • La rééducation basse vision (aides optiques, loupes électroniques, ergothérapie) dans les formes évoluées.

Vivre avec une DMLA

Lorsque la vision centrale est durablement altérée, une prise en charge basse vision améliore concrètement le quotidien : rééducation orthoptique (utilisation de la rétine périphérique), aides optiques et électroniques (loupes, télé-agrandisseurs, lecteurs vocaux), aménagement de l'éclairage. La vision périphérique étant préservée, l'autonomie de déplacement est le plus souvent conservée. Un accompagnement peut être organisé avec les orthoptistes et opticiens spécialisés du réseau.

Questions fréquentes des patients

À partir de quel âge faut-il dépister la DMLA ?

La surveillance est recommandée à partir de 55 ans, notamment en cas d'antécédents familiaux. Un fond d'œil tous les 2 ans après 55 ans, ou tous les ans en cas de drusen déjà identifiés, permet un diagnostic précoce.

Les injections intravitréennes sont-elles douloureuses ?

Elles sont réalisées sous anesthésie locale par collyre. La majorité des patients décrivent une sensation brève de pression plutôt qu'une douleur. Une sensation de grain de sable ou une rougeur peuvent persister 24-48 h, liées à la bétadine utilisée pour l'asepsie.

La DMLA rend-elle aveugle ?

La DMLA n'entraîne jamais de cécité complète : la vision périphérique est toujours préservée. Elle altère la vision centrale (lecture, visages, conduite). Les traitements modernes permettent de stabiliser voire d'améliorer la vision dans la majorité des formes exsudatives.

Peut-on prévenir la DMLA ?

Oui, partiellement : arrêt du tabac (facteur de risque majeur), alimentation riche en légumes verts (lutéine/zéaxanthine) et en oméga-3, protection solaire (lunettes UV), contrôle du poids et activité physique régulière. La complémentation AREDS2 est indiquée uniquement dans les formes intermédiaires à évoluées sur prescription médicale.

Combien de temps durent les injections d'anti-VEGF ?

Le traitement est prolongé, souvent sur plusieurs années. Le protocole standard débute par une phase d'induction (3 injections mensuelles) puis passe en schéma « Treat & Extend » adapté à l'activité de la maladie sur l'OCT. Certains patients stabilisés peuvent être espacés à 12-16 semaines.

Je vois les lignes déformées depuis quelques jours : est-ce urgent ?

Oui. Une déformation nouvelle des lignes droites ou une tache centrale récente peuvent révéler une forme humide, dont le pronostic dépend de la rapidité du traitement. Une consultation est nécessaire dans la semaine ; le cabinet prévoit des créneaux d'urgence pour ces situations, avec OCT sur place et injection sans délai si elle est indiquée.

Auteur et révision médicale

Dr Alexandre Majoulet — Chirurgien ophtalmologue, cofondateur du Cabinet Ophtalife (Boulogne-Billancourt).
Praticien Contractuel au Centre Hospitalier National d'Ophtalmologie des Quinze-Vingts (Paris), ancien Assistant des Hôpitaux de Paris (Quinze-Vingts) et ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
Titulaire du DES d'Ophtalmologie (UVSQ, 2023) et du DIU de Chirurgie Vitréo-Rétinienne (Paris-Saclay, 2024). FEBO (Fellow of the European Board of Ophthalmology) depuis 2022.

Contenu rédigé et revu selon les recommandations de la Société Française d'Ophtalmologie (SFO) et de l'EURETINA (European Society of Retina Specialists).
Dernière révision : 6 juillet 2026.

Consultation spécialisée DMLA

Si vous constatez une baisse de vision centrale, des déformations visuelles ou une tache centrale, ne tardez pas à consulter. Un diagnostic précoce conditionne le pronostic visuel.

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Cette page a un but d'information et ne se substitue pas à une consultation médicale.