La Dégénérescence Maculaire Liée à l'Âge (DMLA) est une maladie dégénérative qui touche la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision précise, de la lecture et de la reconnaissance des visages. C'est la première cause de malvoyance dans les pays industrialisés chez les personnes de plus de 65 ans.
Qu'est-ce que la DMLA exactement ?
La DMLA correspond à un vieillissement pathologique de la macula. Des déchets cellulaires, appelés drusen, s'accumulent sous la rétine centrale. Avec le temps, ces dépôts peuvent évoluer soit vers une atrophie des cellules visuelles (forme sèche), soit déclencher la prolifération de vaisseaux anormaux (néovaisseaux) sous la rétine responsable de la forme humide, plus agressive.
Les deux formes de DMLA
Forme sèche (atrophique) — 80 à 85 % des cas
C'est la forme la plus fréquente mais également la plus lentement évolutive. Elle se manifeste par une disparition progressive des cellules visuelles de la macula. La baisse visuelle s'installe sur plusieurs années. Aucun traitement curatif n'existe aujourd'hui en routine en France pour les formes atrophiques évoluées, mais la recherche avance (inhibiteurs du complément : pegcetacoplan, avacincaptad). Une complémentation AREDS2 (vitamines, lutéine, zéaxanthine, zinc, oméga-3) peut ralentir l'évolution dans certaines formes intermédiaires.
Forme humide (exsudative ou néovasculaire) — 15 à 20 % des cas
Elle est caractérisée par le développement de néovaisseaux choroïdiens anormaux qui traversent la membrane séparant la rétine de la choroïde. Ces vaisseaux fragiles fuient (exsudation, œdème) et peuvent saigner, entraînant une baisse visuelle rapide (en quelques semaines). Cette forme est une urgence thérapeutique relative : plus le traitement est débuté tôt, meilleur est le pronostic visuel.
Quels examens pour diagnostiquer la DMLA ?
Le diagnostic repose sur trois examens clés, non douloureux et complémentaires :
- Fond d'œil après dilatation pupillaire : recherche de drusen, altérations pigmentaires, hémorragies.
- OCT maculaire (Tomographie en Cohérence Optique) : examen de référence qui fournit en quelques secondes une « coupe » millimétrique de la rétine, montrant œdème, néovaisseaux et atrophie.
- OCT-angiographie ou angiographie à la fluorescéine / vert d'indocyanine : visualise directement les néovaisseaux lorsqu'une forme exsudative est suspectée.
Prise en charge de la DMLA exsudative
Le traitement de référence est l'injection intravitréenne (IVT) d'anti-VEGF (ranibizumab, aflibercept, brolucizumab, faricimab). Il s'agit d'une piqûre très brève dans le vitré, réalisée au cabinet sous anesthésie locale par collyre, en conditions d'asepsie chirurgicale rigoureuses.
Le protocole habituel est :
- Phase d'induction : 3 injections mensuelles pour contrôler l'œdème et les néovaisseaux.
- Phase d'entretien « Treat & Extend » : intervalle progressivement adapté (de 6 à 16 semaines) selon la réponse observée sur l'OCT à chaque visite.
Les études ont montré qu'un traitement précoce et régulier permet de stabiliser voire d'améliorer la vision dans la majorité des cas. Un suivi à long terme est nécessaire car la maladie reste chronique.
Prise en charge de la DMLA atrophique
Pour la forme sèche, la prise en charge actuelle en France repose sur :
- La surveillance rapprochée par OCT pour dépister une éventuelle bascule vers une forme exsudative.
- La complémentation AREDS2 dans les formes intermédiaires (sur prescription médicale).
- Les règles hygiéno-diététiques : arrêt du tabac, alimentation riche en légumes verts et poissons gras, protection solaire par verres filtrants UV.
- La rééducation basse vision (aides optiques, loupes électroniques, ergothérapie) dans les formes évoluées.
- Les nouveaux traitements (pegcetacoplan, avacincaptad) peuvent être discutés dans des centres de recours.
Questions fréquentes des patients
À partir de quel âge faut-il dépister la DMLA ?
La surveillance est recommandée à partir de 55 ans, notamment en cas d'antécédents familiaux. Un fond d'œil tous les 2 ans après 55 ans, ou tous les ans en cas de drusen déjà identifiés, permet un diagnostic précoce.
Les injections intravitréennes sont-elles douloureuses ?
Elles sont réalisées sous anesthésie locale par collyre. La majorité des patients décrivent une sensation brève de pression plutôt qu'une douleur. Une sensation de grain de sable ou une rougeur peuvent persister 24-48 h, liées à la bétadine utilisée pour l'asepsie.
La DMLA rend-elle aveugle ?
La DMLA n'entraîne jamais de cécité complète : la vision périphérique est toujours préservée. Elle altère la vision centrale (lecture, visages, conduite). Les traitements modernes permettent de stabiliser voire d'améliorer la vision dans la majorité des formes exsudatives.
Peut-on prévenir la DMLA ?
Oui, partiellement : arrêt du tabac (facteur de risque majeur), alimentation riche en légumes verts (lutéine/zéaxanthine) et en oméga-3, protection solaire (lunettes UV), contrôle du poids et activité physique régulière. La complémentation AREDS2 est indiquée uniquement dans les formes intermédiaires à évoluées sur prescription médicale.
Combien de temps durent les injections d'anti-VEGF ?
Le traitement est prolongé, souvent sur plusieurs années. Le protocole standard débute par une phase d'induction (3 injections mensuelles) puis passe en schéma « Treat & Extend » adapté à l'activité de la maladie sur l'OCT. Certains patients stabilisés peuvent être espacés à 12-16 semaines.
Auteur et révision médicale
Dr Alexandre Majoulet — Chirurgien Ophtalmologue, Rétinologue. Ancien interne des Hôpitaux de Paris, titulaire du DIU de Chirurgie Vitréo-Rétinienne (Paris-Saclay, 2024) et du DES d'Ophtalmologie (UVSQ, 2023). FEBO (Fellow of the European Board of Ophthalmology) depuis 2022. Praticien Contractuel au CHNO des Quinze-Vingts (service du Pr Christophe Baudouin).
Consultation spécialisée DMLA
Si vous constatez une baisse de vision centrale, des déformations visuelles ou une tache centrale, ne tardez pas à consulter. Un diagnostic précoce conditionne le pronostic visuel.
Prendre rendez-vous en ligneCette page a un but d'information et ne se substitue pas à une consultation médicale.