La myopie est l'amétropie la plus fréquente dans les pays développés. Elle est liée à un allongement de l'œil ou, plus rarement, à un excès de puissance optique du cristallin ou de la cornée. Elle rend la vision floue de loin mais conserve souvent une bonne vision de près. Sa prévalence explose chez les enfants et adolescents dans le monde entier — l'OMS estime qu'environ 50% de la population mondiale sera myope en 2050.
Mécanisme
Dans un œil emmétrope (sans correction), les rayons lumineux parallèles arrivant de l'infini se focalisent exactement sur la rétine. Chez le myope, l'œil est trop long (myopie axile) ou trop convergent : les rayons se focalisent en avant de la rétine. Résultat : l'image perçue de loin est floue. En vision de près, les rayons divergents se focalisent à nouveau sur la rétine — d'où la vision de près souvent correcte sans correction.
Classification
| Niveau | Dioptries | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Faible | −0,25 à −3 D | Correction pour la conduite, le cinéma |
| Moyenne | −3 à −6 D | Correction nécessaire en permanence |
| Forte | > −6 D ou longueur axiale > 26 mm | Suivi rétinien annuel indispensable → voir /myopie-forte |
Moyens de correction
Lunettes à verres concaves (divergents)
Solution simple, adaptée à tous les âges. Pour les fortes myopies, choisir des verres à indice élevé (1.67, 1.74) pour limiter l'épaisseur et le poids. Monture adaptée à la forme du visage, avec un centrage optique précis pour éviter les effets prismatiques indésirables.
Lentilles de contact
Souples journalières, mensuelles, ou rigides perméables. Avantages : meilleure qualité optique (pas d'effet de bord ni de limite du champ), esthétique, activités sportives. Nécessitent une hygiène rigoureuse — voir notre page /lentilles-de-contact.
Chirurgie réfractive
LASIK, PKR et SMILE sont les techniques de référence pour les myopies stables depuis au moins 1 an. Au-delà de −8 à −10 D, des implants phaques (ICL) peuvent être proposés. La chirurgie réfractive se décide après un bilan cornéen complet (topographie, pachymétrie) pour écarter un kératocône débutant. Au cabinet Ophtalife, ces interventions sont assurées par mon associé, le Dr Alexandre Hage.
Freination de la myopie chez l'enfant
Freiner la progression myopique chez l'enfant est devenu un enjeu de santé publique. L'objectif est de limiter la bascule vers une myopie forte à l'âge adulte, car chaque dioptrie gagnée augmente le risque de complications rétiniennes futures. Quatre stratégies validées par des essais cliniques robustes :
1. Exposition à la lumière naturelle
Objectif : au moins 2 heures par jour à l'extérieur. Effet dose-dépendant confirmé (étude ROTALS, 2015). C'est la mesure la plus simple, la moins chère et qui devrait être la première prescrite.
2. Verres correcteurs à freination intégrée
Stellest® (Essilor) : technologie HALT (Highly Aspherical Lenslet Target). MiyoSmart® (Hoya) : technologie DIMS (Defocus Incorporated Multiple Segments). Ces verres créent un défocus myopique périphérique qui freine l'élongation axile. Dans les essais cliniques (2 ans, 3 ans), la progression myopique est réduite de 50 à 60% par rapport aux verres standards. Pris en charge partiellement (LPP) sous conditions.
3. Atropine en collyre faible dose
L'étude LAMP (Low-concentration Atropine for Myopia Progression) publiée en 2019 a démontré une efficacité significative de l'atropine à 0,05% chez l'enfant de 4 à 12 ans (meilleur équilibre efficacité/tolérance). Freination d'environ 50% sur 2 ans.
Note réglementaire France : les collyres d'atropine à 0,01%, 0,025% ou 0,05% ne sont pas commercialisés sous forme de spécialité en France. Ils sont obtenus en préparation magistrale hospitalière, sur prescription d'un ophtalmologue.
4. Orthokératologie (Ortho-K)
Lentilles rigides de géométrie inversée portées la nuit, qui remodèlent la cornée et corrigent temporairement la myopie. La journée, l'enfant voit net sans aucune correction. Effet secondaire : freination myopique démontrée (méta-analyse Huang, 2016 : −45% en moyenne). Nécessite une adaptation spécialisée et une hygiène rigoureuse.
Quand consulter ?
Enfant : changement de prescription récent, plaintes de vision floue au tableau, plissements des yeux, chutes scolaires, antécédents familiaux de myopie — consultation ophtalmologique pour poser l'indication d'une freination.
Adulte : baisse de vision progressive, fatigue visuelle, bilan annuel si myopie forte ou diabète.
Questions fréquentes
Regarder les écrans rend-il myope ?
Le temps d'écran est un facteur de risque comportemental, principalement parce qu'il se substitue au temps passé dehors et impose une vision rapprochée prolongée. Le vrai facteur protecteur démontré est l'exposition à la lumière naturelle ; le temps d'écran lui-même n'est pas un facteur indépendant démontré. L'éducation à prendre des pauses (règle du 20-20-20 : toutes les 20 minutes, regarder à 20 pieds ~6 mètres pendant 20 secondes) reste une bonne pratique.
À partir de quel âge peut-on opérer la myopie ?
La chirurgie réfractive (LASIK, PKR, SMILE) se pratique en général à partir de 21-25 ans, une fois la myopie stabilisée depuis au moins 1 an. Opérer trop tôt expose à un retour de la myopie. Au-delà de 45 ans, la presbytie devient un paramètre à intégrer dans la stratégie chirurgicale.
Peut-on corriger une myopie de −12 dioptries ?
Oui. Les fortes myopies se corrigent en lunettes à verres de haut indice, en lentilles (souples ou rigides), ou par chirurgie. Au-delà de −8 à −10 D, le LASIK n'est souvent plus indiqué (risque d'ectasie cornéenne) ; on se tourne vers les implants phaques de chambre postérieure (ICL). Ces interventions sont réalisées par mon associé, le Dr Alexandre Hage.
Prendre rendez-vous
Bilan complet, mesure de la correction optique, adaptation ou suivi spécialisé au cabinet Ophtalife, Boulogne-Billancourt.
Rendez-vous sur DoctolibÀ propos de cette fiche
Rédigée et relue par le Dr Alexandre Majoulet, ophtalmologue-rétinologue (RPPS 10101500121), ancien chef de clinique des Hôpitaux de Paris (Centre Hospitalier National d'Ophtalmologie des Quinze-Vingts).